Masterclass avec Fatih Akin: "Mon jihad, c’est faire des films"

Menara.ma
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Le festival de Marrakech a une nouvelle fois ouvert les portes de son amphi. Le réalisateur allemand d’origine turque, Fatih Akin, a livré lundi les clés pour mieux comprendre son œuvre.

Le festival du film de Marrakech permet aux cinéphiles marocains, mais aussi aux nombreux étrangers de découvrir des œuvres extrêmement variées. Il offre aussi une occasion inespérée de comprendre un peu plus la mystérieuse alchimie du septième art.

En effet, comme c'est le cas chaque année l'événement propose des leçons de cinéma. Les traditionnelles masterclass sont un moment unique qui permet découvrir l’œuvre d'un auteur raconté par lui-même. Ainsi mardi, la salle des ambassadeurs du palais des congrès s'est muée en amphithéâtre pour accueillir un maître germano-turc du cinéma, Fatih Akin.

Devant un parterre comprenant de très nombreux étudiants en cinéma, Fatih Akin est apparu en tenu décontractée. Présenté comme le chouchou des festivals par le journaliste en charge d’animer l’échange, Fatih Akin, par sa spontanéité et le ton décontracté de ses propos, a très vite fait de capter l’attention de l’assistance.

Beaucoup découvraient probablement  pour la première fois le regard singulier de ce réalisateur d'origine turque né à Hambourg en Allemagne et dont l’œuvre est traversée par sa double culture.

Réagissant à une scène projeté sur grand écran et traitant du sujet de l’exil tirée du le film De l'autre côté, qui a obtenu le prix du scénario au Festival de Cannes 2007, Fatih Akin explique que la trame du film est aussi celle d’expériences très personnelles, invitant ainsi les étudiants à puiser dans leur vécu, substance première de toute œuvre.



Etre issu de l’immigration lui a permis de d’envisager le monde selon plusieurs perspectives, explique-t-il. Un atout qu’il a voulu mettre au service de la réconciliation des cultures. « Mon Jihad à moi, c’est de faire des films », a-t-il insisté faisant écho à une triste actualité.  

Fatih Akin avoue néanmoins n’avoir véritablement découvert la Turquie que tardivement, attiré par la culture alternative. Une fascination qu’on retrouve dans un de ses films majeurs, Head-On, récompensé par l'Ours d'or en 2004.

Si les sujets abordés par Fatih Akin sont souvent profonds et s’inspirent de grandes signatures du cinéma d’auteur comme Francis Ford Coppola et Martin Scorsese, le cinéaste ne cache pas pour autant sa passion pour le cinéma d’action, notamment les films de Bruce Lee qui ont très tôt forgé sa passion pour le septième art.

Fatih Akin explique en toute modestie ne pas avoir grandi avec Godard et Truffaut et être un enfant de la télé. Ce qui ne l’a pas empêché d’être aujourd’hui un grand du septième art, reconnu par ses paires.   
 

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