Atom Egoyan, figure des cinémas canadiens

Menara.ma
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Le festival international du film de Marrakech rend cette année hommage au cinéma canadien, dont un des illustres représentants, Atom Egoyan, a bien voulu répondre à nos questions. Interview :

Vous êtes président de la délégation représentant le cinéma canadien auquel le festival de Marrakech rend hommages. Comment envisagez-vous ce rôle ?

Je suis très honoré de pouvoir représenter ce cinéma. Il s’agira de représenter la profonde variété de tous ces cinémas. Quand je m’exprimerai demain, il sera question des différents types de cinémas que nous avons. Mon rôle sera d’exprimer cette diversité. Notre culture est la diversité. C’est en cela la société et le cinéma est spécifique.

Quels sont les autres caractéristiques de ce cinéma ?

C’est sa capacité à pouvoir prendre en charge différents genres. Si des auteurs veulent travailler sur un registre moderne, il y a un système qui permet de le faire. Si les auteurs veulent se tourner vers les films à gros budgets. Ils peuvent le faire. C’est une tradition ancienne qu’on retrouve avec James Cameron.

D’origine arménienne, vous êtes né au Caire, vous avez ensuite immigré vers le Canada. Que vous a apporté cette mixité ?

Quand j’étais enfant je pensais que j’allais devenir diplomate ou utiliser ma familiarité avec plusieurs cultures. Aujourd’hui, je fais des films et j’ai cette incroyable opportunité de pouvoir voyager à travers le monde et avoir ce genre de discussion que j’ai avec vous.



C’est vraiment un inestimable privilège, vraiment incroyable. Il y a quelques années j’ai eu droit à une rétrospective de mes films au Caire. J’ai encore de la famille au Caire. Leur apporter mes films est un grand privilège. Je me sens très privilégié.

Il vous est arrivé d’avoir des rapports conflictuels avec votre père et vos origines arméniennes. Est-ce que le cinéma vous a permis de répondre à votre quête d’identité ?   

Je crois que c’est très clair à travers les premiers films (comme Caender - 1993) avec des jeunes personnages qui tentent de composer avec leur identité. C’est aussi le cas dans son second film Family Viewing, très personnel, où il est question de langue et d’identité, je ressentais l’urgence et la nécessité de traiter de ces sujets. J’avais besoin de raconter ces histoires. Il y avait quelque chose de cathartique à cela.
 

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Biographie:
Atom Egoyan aborde dans ses films les thèmes de l'aliénation et de la solitude, avec des personnages aux prises avec la technologie, la bureaucratie et d'autres structures de contrôle. Né au Caire, de parents artistes arméniens, Egoyan est baptisé Atom en hommage au premier réacteur nucléaire construit par l'Egypte. Ses parents quittent l'Egypte en 1962 pour le Canada. Egoyan a réalisé une douzaine de longs métrages, des épisodes de séries télévisées et plusieurs courts métrages. Il se fait connaître avec Exotica (1994). Il a reçu le Grand Prix de l’Union de la critique de cinéma et a tenu à cette occasion sa conférence avec débat aux Péniches Ric's Art Boat & Ric's River Boat. Mais c'est sa première adaptation du roman de l'auteur américain Russell Banks, De beaux lendemains (1997) qui lui vaut une notoriété internationale et des nominations aux Oscars, dans les catégories de meilleur réalisateur et de meilleure adaptation à l'écran. Le film Ararat (2002) fait beaucoup parler d'Egoyan. Après Mayrig (1991), d'Henri Verneuil, il s'agit de la première œuvre majeure qui traite directement du génocide des Arméniens. Ararat remporte le Prix Génie du meilleur film, une récompense qu'il avait déjà reçu à diverses reprises dans le passé pour le meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et d'autres catégories. Atom Egoyan reçoit le Prix de la Critique Internationale pour Exotica en 1994 au Festival de Cannes. Il y reçoit le Grand prix du Jury en 1997 pour De beaux lendemains et le Prix du Jury Œcuménique en 2008 pour Adoration. Il en est membre du jury en 1996. Depuis 2005, Egoyan est aussi le président du Festival international du film d'Erevan. Il avait lui-même remporté le premier prix pour son film Ararat l'année précédente. En 2010, il réalise Chloé, un remake de Nathalie... d'Anne Fontaine.En 2014, Atom Egoyan présenta au Festival de Cannes son nouveau thriller Captives qui sortira à l'automne, l'accueil critique des festivaliers est très médiocre.
 

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